Viande de chien en Corée du Sud : le sordide « Moran Market » est-il réellement fermé ?

Les journaux ont rapporté que le Moran Market coréen - tristement célèbre pour l’abattage barbare de 80000 chiens par an est sur le point de fermer, peut-on y croire ?





Il y a clairement des avancées qui nourrissent un espoir mais il serait inexact car prématuré d’affirmer que le plus grand marché de chiens est fermé.

Tout d’abord avec Lee Jae Myeonghas, maire de Seongnam, déclarant qu’il souhaitait nettoyer l’image de ce marché.

Ainsi, il ajoutait que l’abattage et le commerce de chiens vivants ne sera dorénavant plus autorisé sur ce site – cependant la vente de viande de chien continuera.

Cependant, nos contacts en Corée nous confirment que les chiens vivants continuent d’être présentés sur le marché de Moran depuis cette annonce. Toutefois, aucun abattage n’a été constaté sur le site mais nous gardons notre vigilance et continuerons à surveiller l’évolution de la situation à travers nos membres sur place.
La grande question  l’impact sur l’évolution du commerce de la viande de chien. A ce jour, le marché de Moran demeure l’un des plus grands sites de commerce de viande de chien.


Quelles sont les raisons qui ont conduit les autorités à initier ce changement ?



Le quartier de Moran Market voit une recomposition rapide de sa population avec l’émergence d’une classe moyenne. Dans cette projection, ce marché ne semble plus compatible.
En outre, la Corée du Sud, futur organisatrice des JO d’hiver, verra les yeux braquées sur elle. Elle a d’ailleurs connu une mauvaise expérience dans le passé, lors de la coupe du monde de football de 2002, avec de nombreux touristes  émettant des critiques à l’encontre des pratiques cruelles envers les chiens.
La Corée du Sud ne souhaite pas revivre cette situation d’où les efforts engagés à l’encontre des pratiques les plus choquantes.

L’évolution encourageante réside dans le fait que la Corée du Sud admet maintenant officiellement que la consommation de viande de chien est un problème; Des années de militantisme sans aucun doute.
Toutefois, nous ne devons pas accepter une solution cosmétique à ces pratiques cruelles. Nous continuerons à lutter, arguant notamment sur l’embarras auquel fait face le pays.

Vous étiez là récemment, quel était l’objet de votre visite et qu’avez-vous constaté ?



Animals Asia a visité Moran en janvier 2017 dans le cadre d’une investigation.
Nous avions eu connaissance que des changements étaient imminents et nous voulions valider in situ ces informations.
Pour tous les amoureux -des  ou affichant une forte empathie - chiens et chats, Moran demeure une expérience traumatisante, devant ces visages de chiens terrifiés alors sortis de leurs cages rouillés.

Ce voyage était aussi pour nous l’opportunité de collaborer avec des associations luttant contre ces pratiques, nouer des contacts et partager nos expériences.
Sur place nous avons visité des marchés et des fermes d’élevage afin de mieux cerner les  similitudes entre les deux pays.

Comment a été perçue cette nouvelle auprès des amis des chiens chinois désireux de voir ces pratiques cesser dans leur propre pays ?

Cela génère de l’espoir. Moran est en effet l’épicentre du commerce de la viande de chien en Corée du Sud. Peu de personnes souhaitent voir continuer cette industrie et le gouvernement comprend que ces pratiques dégradent l’image du pays et freine le développement économique.

Observez-vous un effritement similaire du commerce du chien en Chine ?

Absolument. Le changement s’opère dès lors que la population prend conscience que cette industrie recouvre des pratiques cruelles et illégales. Les autorités s’émeuvent dorénavant des vols de chiens et du commerce illégal, conduisant parfois à la fermeture de restaurants ne respectant pas les règles.